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Portrait de Joël CARRER, infirmier sapeur-pompier engagé 

joel carrer infirmier
17/9/2021
Leah Woznica
Pompiers de l'Urgence Internationale

Portrait de Joël CARRER, infirmier sapeur-pompier engagé 

C’est aux côtés de Philippe BESSON, fondateur et président de l’organisation non gouvernementale « Pompiers de l’urgence internationale », que Joël CARRER s’est engagé en tant qu’infirmier sapeur-pompier en 2009. Cette association a été fondée en 2004 à Limoges par le Lieutenant-Colonel BESSON, récemment nommé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur pour son engagement au service des autres. 

“Je suis très dévoué à mon maître Philippe BESSON, pour ce qu'il a fait, car c’est extraordinaire. Il mérite franchement qu’on l’aide dans ses démarches.”


Agréée par les Nations Unies, l’ONG est constituée de 150 bénévoles dont 50% de professionnels et 50% de pompiers volontaires, qui viennent en aide aux pays victimes de catastrophes naturelles ou humanitaires. Ces professionnels du secours (médicaux, chirurgiens, médecins retraités, infirmiers...) mettent leur savoir-faire au service des populations en difficulté. 


“Je suis intervenu au Liban deux jours après l'explosion de Beyrouth, malheureusement pas pour chercher des victimes mais pour chercher des corps...”


Après s’être rendu en Indonésie et à Haïti lors des séismes de 2009 et 2010, à Madagascar en 2013 ou encore sur l’île de Saint-Martin dévastée par l’ouragan Irma en 2017, Joël CARRER a accepté de nous raconter ses interventions héroïques et admirables au sein des Pompiers de l'Urgence Internationale.


“Vous savez, les gens qui s’engagent ont chacun une petite histoire...”



Les PUI : Pompiers de l’Urgence Internationale


Si vous deviez nous présenter les PUI en quelques mots ? 

Nous avons deux fonctions : le secourisme et la formation. A la base, Philippe BESSON et 2 / 3 autres collègues pompiers ont créé cette association humanitaire en faisant des petites missions et des sauvetages à l’étranger, mais ils ont voulu développer quelque chose de plus cohérent et efficace. 

Je sais personnellement pourquoi il a créé l’ONG : il était en Turquie avec son baluchon lorsqu’il a vu mourir une fillette à petit feu… Ça a été difficile à vivre car ils n’ont pas pu la secourir à ce moment-là à cause d’une montée des eaux. Elle est morte noyée coincée par les pieds.


Comment êtes-vous contactés pour intervenir lors d’une catastrophe ?

Une plateforme dédiée est reliée aux ONG qui sont averties à la seconde près d'une catastrophe dans le monde. Par la suite, toute une logistique est mise en place pour préparer une équipe de secouristes au départ.

En France, nous sommes 30 associations agréées par les Nations Unies au sein de ce système. Il faut être assez autonome en eau, en aliments, en matériels et avoir une organisation cadrée. Cependant, les Nations Unies coordonnent les interventions et nous donnent certains moyens, comme des véhicules ou des hélicoptères. 



Selon vous, quelles sont les valeurs fondamentales des Pompiers de l'Urgence Internationale ?

Le don de soi, le courage, mais aussi l’expertise et l'organisation. Le côté humain est très important. On est tous frères. Quand on a été à Beyrouth, on ne serait jamais repartis sans avoir découvert les corps de nos frères d’armes.



Sa vocation, ses missions


Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans le secourisme ?

Mon besoin, c'est d’aller ailleurs ! Pourquoi j’ai fait ça ? Si on va chercher plus loin, ma mère d’origine italienne a vécu des tremblements de terre assez terribles. Depuis tout petit, elle me confie sa crainte lorsqu'elle entend le bruit des avions. J'ai donc été bercé là-dedans car elle a vécu des choses atroces en Italie...


Pouvez-vous nous parler de votre rôle au sein de l’association ? 

J’ai rejoint l'association en 2009 et ça a été un pur bonheur de rencontrer tous ces gens. J’interviens en tant qu’infirmier sapeur-pompier volontaire. Infirmier général de métier, je suis appelé pour des cas graves, comme des accidents ou des arrêts cardiaques… Grâce à mes protocoles, j’ai la possibilité de secourir mes collègues pompiers lors des missions, ce qui assure une certaine sécurité pour les équipes. Je m’occupe aussi des achats de matériel médical, du réassort des médicaments, et de la recherche de nouveaux matériels innovants pouvant améliorer nos interventions. 


Qu’aimez-vous le plus dans cette association ? 

On part dans l’inconnu ! On ne sait jamais si on va arriver à quelque chose, si on aura un résultat. C'est la satisfaction d’avoir fait quelque chose de bien puis d’avoir des retours quand on revient sur place. On est contents de voir des images où tout se passe bien après notre intervention.

Comment arrivez-vous à jongler entre votre travail quotidien et votre engagement de secouriste ?

C’est une question d’organisation mais on est tous très fatigués, c’est assez compliqué. Les personnes qui travaillent avec moi le savent, s' il arrive quelque chose de grave et que je dois partir, ils me remplaceront dans tous les cas. 


Quel conseil pourriez-vous donner à une personne intéressée pour intégrer une association de secourisme ?

On n'est pas tous faits pour ça, il faut d’abord aller voir. C’est important de se laisser le temps de réflexion, de ne pas signer tout de suite. Il faut être qualifié et avoir la niaque ! Et ça, on le voit assez vite...


Ses souvenirs


Pouvez-vous nous évoquer votre plus bel accomplissement ?

La plus belle mission de ma vie c’était à Haïti en 2010. Il y a eu 222 500 morts et on est arrivés deux jours après... Pour mon équipe, c’était la découverte d’une petite fille qui s’appelait Malicia. Tous les soirs à notre camp, un monsieur venait nous voir pour nous dire qu’il entendait quelqu’un pleurer dans les décombres de sa maison. On a fini par y aller et au bout de 6 heures de percement, on a sorti cette petite fille. On l'a découverte 6 jours après le séisme : elle était dans son lit entre sa maman et sa sœur qui étaient décédées et il y avait 3 étages au-dessus d'elle... Pour arriver à l'atteindre, il a fallu percer 3 étages de béton et avec très peu de matériel, on y est arrivés quand même. Aujourd'hui, on a encore des nouvelles de cette petite fille grâce à ses tantes.

On s’est également rendus à la faculté de Port-au-Prince, où malheureusement tout était écrasé. C'était un jour d’examen. Parmi les 3000 étudiants, il y a eu 2300 morts... Tous les jeunes futurs diplômés, toute l’intelligence et l’avenir d'Haïti étaient là. On n’en parle pas mais ce fût un gros problème pour Haïti par la suite.

Quel a été le moment le plus difficile pour vous ?

Il s'agit surtout de moments humains. De voir autant de morts à Haïti, de savoir que vous avez un bébé écrasé entre deux tas de pierre, c’est dur… On ne revient pas toujours indemne de ces missions mais le corps et son psychisme arrivent à estomper, voire effacer les traumatismes psychologiques qu’on peut avoir. Haïti, j’ai franchement mis plus de 3 mois à m’en remettre physiquement et moralement. C'était vraiment terrible...

On a l’habitude, quand on rentre de missions, de beaucoup communiquer avec l'équipe. Ça nous fait du bien, on se remémore les situations, on fait des bilans, etc... Mais pour certaines personnes plus fragiles, on a une association de psychologues qui peuvent nous prendre en charge. 



Vous êtes-vous déjà senti en danger ? 

Oui, au Tadjikistan oui ! On a failli finir emprisonnés. A l'heure actuelle, ce n'est plus possible pour nous d’intervenir là-bas à cause du Pakistan et de l'Afghanistan. J’aimerais trouver des solutions mais vu le contexte géopolitique actuel, c’est très compliqué...

A Haiti, on a essuyé des coups de kalachnikov la nuit parce qu’il y a des gangs, de la drogue et c'était toujours dangereux. Quand on est arrivés aux Philippines, il y a eu des tirs de la police sur des pilleurs et on n’était pas loin... On prend des risques de temps en temps mais ça, on n'en parle pas.

Son expérience FUGU

Que pensez-vous de nos tentes ? 

Avant, on utilisait des tentes extensibles et pliantes qui ont des difficultés à tenir.  Les tentes FUGU sont très bien et faciles à mettre en place si on a un bon gonfleur. Ce qui manque peut-être, c'est un petit système d'accrochage mais sinon elles sont confortables, le tapis de sol tient bien et les côtés sont faciles à mettre


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Fondé en 2011, FUGU® est spécialisé en Structures Nomades & Architectures Innovantes pour l’événementiel et l’hôtellerie

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